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 Kurtis Mancini

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Messages : 183
Date d'inscription : 21/02/2016

MessageSujet: Kurtis Mancini   Ven 16 Sep - 15:33

Kurtis Valentin Mancini


nom et prénoms : Kurtis Valentin Mancini.  date, lieu de naissance et âge : Je suis né le 23 mars 1990 dans un petit village des Alpes, en France. J'ai célébré mon vingt-sixième anniversaire il y a peu de temps. origines et nationalité : Franco-italienne. Ma mère est d'origine française et mon père est italien. Il a immigré en France lorsqu'il avait dix-sept ans pour aller étudier dans une école réputée de cuisine et il n'est pas reparti depuis, puisque c'est là qu'il a rencontré ma mère. à los angeles depuis : Mes quatorze ans, donc depuis douze ans maintenant. Je suis venu quand mon père s'est vu proposer de prendre le poste de chef et propriétaire d'un grand restaurant et qu'il a accepté le poste. Il l'a fait aussi pour se changer les idées suite au décès de ma mère dans un accident de voiture tragique. statut civil : En couple depuis maintenant trois ans. Et pourtant, je ne me décide pas à faire la grande demande. À quoi bon, en fait ? Nous sommes heureux ainsi, je ne vois pas en quoi cela changerait quelque chose. emploi ou études : Acteur régulier d'un feuilleton qui dure depuis beaucoup trop de saisons maintenant. J'y joue le fils rebelle que les spectateurs ont connu alors qu'il n'avait que dix ans. Je tiens ce rôle depuis cinq ans maintenant. Avant cela, j'ai fait mes études à Juilliard en art dramatique. Pour moi, ce fut l'histoire de Cendrillon; j'ai décroché ce rôle en sortant de l'école, voire même un peu avant. orientation sexuelle : Hétérosexuel. Eh non, je ne suis pas bisexuel comme mon personnage dans le feuilleton. quartier de résidence : Triangle Platinum. type d'habitation : Villa. Celle-ci, bien que très grande et majestueuse de l'extérieur, est très simple. Je n'ai jamais aimé le rangement ni le ménage et même si j'ai des gens qui peuvent le faire pour moi, je préfère que tout soit banal, mais de bon goût. statut financier : J'ai toujours baigné dans l'abondance. D'abord, j'ai profité grandement de la fortune de mon paternel qui n'a jamais manqué. Puis, je gagne un cachet considérable grâce à ce feuilleton dans lequel je joue. caractère : Renfermé, autodidacte, simple, égoïste, protecteur, travaillant, perfectionniste, paresseux, peu bavard, distant, pudique, hypocrite, manipulateur.



Je n'aime pas ranger ou faire le ménage. Je sais bien que ça ne se voit pas parce que je peux embaucher des gens qui rangent et nettoient pour moi, mais quand même, je laisse traîner bien souvent mes affaires et ça, ça se voit. Enfin, il faut dire que ces derniers temps, je fais exprès de le faire davantage, mais bon, ça me regarde ça. ☀ Si mon personnage dans la série fume, c'est parce que les producteurs ont jugé que ce serait plus simple pour moi de gérer, raison étant que je fume beaucoup à la base. J'ai commencé lorsque j'étais à l'université et je n'ai pas su arrêter depuis. ☀ Je ne fais pas beaucoup la cuisine, je n'aime pas la faire en vérité. Cependant, je sais faire une chose à merveille, et c'est des crêpes. J'aime tellement en manger que j'ai demandé à mon paternel comment les faire et à présent, quand j'en ai envie, je les fais moi-même, parce qu'il n'y a personne qui peut les faire mieux que ça, sauf mon père, évidemment. ☀ Je ne suis pas du genre à exiger une tonne de choses sur le plateau de tournage, mais il y a une chose de laquelle je ne peux me passer, à savoir un paquet de bonbons dans ma loge. Celui-ci, évidemment, soit être toujours plein. ☀ J'organise souvent des soirées chez moi, mais bien souvent, je ne me mêle pas aux autres. J'accepte que celles-ci soient tenues parce que Mary dit que c'est bon pour notre "image". En fait, je n'aime pas me mêler aux gens, soirée ou pas. Je suis plutôt solitaire et je déteste les gens qui parlent trop pour rien dire. Voilà pourquoi je filtre mes appels sur mon téléphone, ne répondant pas quand je n'ai pas envie de parler, ou bien je trouve des prétextes pour couper court à une discussion qui m'ennuie. Bien souvent, je sais me montrer crédible. Je suis acteur, donc si on ne me croyait pas, ça veut dire que je ne fais pas bien mon boulot. ☀ Je ne vais jamais dormir sans boire un Irish Coffee. Qu'il soit vingt-deux heures ou quatre heures du matin, il me faut cette boisson, autrement je ne dors pas. ☀ Je n'ai pas le permis de conduire. Mes cours préparatoires étaient une véritable catastrophe et finalement, après avoir emménagé à New York, je n'ai pas pris le temps de les compléter. Mais ça ne se voit pas, parce que mon assistant est aussi mon chauffeur personnel. ☀ Lorsque je dois tourner une scène avec quelqu'un qui ne me plait pas, je mange de l'ail ou un oignon avant de me mettre au boulot. ☀ J'aimerais me couper les cheveux courts, mais selon les producteurs, ça ne le ferait pas pour mon personnage, alors je me vois obligé de les laisser ainsi et ça m'embête quelque peu. ☀ Je parle le français et l'italien de façon fluide. ☀ J'ai un accent lorsque je parle anglais, mais parce que les gens croient que c'est plus sexy qu'autre chose, je ne m'en suis jamais débarrassé. ☀ Je suis complexé par mon corps, faisant en sorte que je refuse bien souvent de jouer torse nu.



14 ans
Je regardai une dernière fois dans chaque tiroir de ma commode, sous le lit, dans le lit, dans le placard, dans ce carton où j’avais gardé pendant quelque temps quelques magasines dérobés à mon oncle un peu pervers, il ne restait plus rien. Juste pour m’en assurer définitivement, parce que je savais qu’une fois que j’aurais franchi la porte de cette maison, il ne serait pas question de revenir en arrière, je regardai derrière les meubles, puis je les replaçai. Personnellement, je m’en moquais bien que ce ne soit pas parfaitement droit, mais parait-il que c’était important pour que la maison se vende mieux auprès des potentiels acheteurs. Et puis, droite comme elle était, je savais qu’elle serait offensée de savoir que je ne faisais pas un dernier effort pour elle avant de tout laisser derrière. Pire encore, je me surpris même à soupirer quand je regardai ma valise sur laquelle se trouvait une montagne de vêtements et éléments divers, sans ordre particulier, sans même être proprement rangés dans celle-ci. Cependant, ce ne fut pas suffisant pour me convaincre de tout recommencer. Rester dans cette chambre, dans cette maison, pesait beaucoup trop pour que je prenne le temps de tout mettre de façon ordonnée dans ma valise. Je savais bien que notre vol pour Los Angeles n’était que cette nuit, mais j’avais la sensation que plus vite je finirais, mieux ce serait. Je m’approchai donc de mon bagage, tassai quelques vêtements roulés essentiellement en boule mal faite dans des coins, poussai pour que le tout s’affaisse un peu et quand je crus avoir presque terminé ce combat contre ma valise, j’en refermai le rabat et je m’écrasai dessus de presque tout mon poids afin de refermer la fermeture Éclair. Heureusement, le combat ne fut pas si difficile que cela à mener, me laissant satisfait de constater la valise fermée. Avec une bosse comme si elle était enceinte de quatre mois, mais quand même fermée. Sans attendre plus longtemps, je déposai la valise à la sortie de ma chambre dans l’intention de la descendre au rez-de-chaussée plus tard, puis éventuellement dans le taxi qui passerait nous prendre au moment de se rendre à l’aéroport. Avant de la descendre, je voulais faire quelque chose de tout simple, soit aller voir mon paternel pour lui signifier que j’étais prêt, et voir s’il voulait que je l’aide à faire quelque chose. Ce n’était pas mon genre d’être serviable, mais c’était le genre de mon père de m’en vouloir si jamais je ne l’aidais pas quand il le demandait, et dans un contexte aussi tendu, il valait mieux prévenir ce genre de chose plutôt que de partir sur une mauvaise base. Je m’approchai donc de la chambre de mon paternel, parce que je ne réussissais plus à l’appeler « la chambre de mes parents ». Je ne savais pas pourquoi, je me disais que peut-être ce serait plus simple de faire mon deuil ainsi, même si inévitablement, je me sentais coupable, parce que je ne voulais quand même pas agir comme si ma mère n’avait jamais existé. Le choc suite à son accident qui lui avait enlevé la vie brusquement, trop brusquement ? C’était fort possible, je n’arrivais pas vraiment à le comprendre à ce point, pour être tout à fait honnête. Maintes fois, je m’étais dit que peut-être je pourrais en parler à quelqu’un, en l’occurence à mon paternel, mais il n’en parlait pas, ne semblait pas vouloir en parler. Il ne disait rien, ne pleurait même pas, alors comment étais-je supposé aborder le sujet ? Pour le moment, je n’avais clairement pas trouvé comment faire. Alors, je me contenterais de lui dire que j’avais fini ma valise, signifiant par la même occasion que j’étais prêt à l’aider, sauf qu’avant que je fasse quoi que ce soit, j’entendis des sanglots provenant de la chambre. En m’approchant un peu plus, je réalisai que mon paternel se trouvait assis sur son lit, une photographie entre les mains. Un pas de plus me permit de voir qu’il s’agissait de cette photographie de leur mariage qu’il gardait sur sa commode en tout temps, mais qu’il avait rabattue ces derniers jours, comme s’il refusait de la voir apparaître constamment. L’adolescent que je suis en ce moment se serait bien moqué de voir son père pleurer, mais puisque jamais je ne l’avais vu dans un tel état en quatorze ans de vie, je comprenais que quelque chose n'allait pas. De plus, je ne pouvais pas me le cacher, je ressentais cette douleur d'avoir perdu un être cher, probablement une des personnes les plus précieuses dans ma vie mise à part mon père. Un pincement vint me tarauder au coeur, puis je décidai finalement à m’approcher de lui. Maladroitement, je posai une main sur son épaule en murmurant: « Papà… » , histoire de lui faire savoir que j’étais là. Sa réaction fut presqu’instantanée : il se retourna, puis il me prit dans ses bras, me serrant contre lui comme je l’avais vu faire que peu de fois. Comprenant que c’était là de la détresse, je passai mes bras autour de ses épaules, puis je le serrai, moi aussi, profitant de cette étreinte pour me soulager un peu de cette tristesse, en venant même à verser une larme silencieuse, comprenant à ce moment précis qu’à présent, il me faudrait soutenir mon paternel aussi bien que possible, parce qu’il était la seule personne qui me resterait dans ce monde nouveau, ce pays qui m’était totalement inconnu où nous allions nous lancer dans une nouvelle vie de laquelle nous ne savions rien du tout. J’espérais juste que je saurais lui montrer que je voulais être là pour lui, et que nous ne nous lâcherions pas à partir de maintenant.

20 ans
« Angie, Angie, when will those clouds all disappear? Angie, Angie, where will it lead us from here? With no loving in our souls and no money in our coats. You can't say we're satisfied. But Angie, Angie, you can't say we never tried. Angie, you're beautiful, but ain't it time we said good-bye? .. » Perdu dans ma conversation avec Salma en lisant ces mots dans un premier temps, je ne sus pas vraiment les reconnaitre. Pensant que c’était une mauvaise blague qui ne voulait rien signifier, je fronçai les sourcils, puis je me retournai pour tenter d’apostropher la personne qui m’avait donné ce papier, histoire d’avoir des explications. Malheureusement, cette personne était passée en coup de vent, me laissant avec une Salma qui ne savait pas trop comment réagir. Reportant mon attention sur elle, je lui fis un sourire un peu idiot en lui disant: « Excuse-moi. », ne voulant pas vraiment qu’elle vienne s’incruster dans ma réflexion par rapport à cela. Salma était adorable, et je l’appréciais grandement, autrement, je ne sortirais pas avec elle, mais disons que parfois, sa tendance à vouloir tout savoir alors que moi-même, je ne savais pas à quoi m’en tenir, m’agaçait quelque peu. En m’excusant ainsi, je lui signifiais que je voulais être seul avec moi-même pour démêler tout cela, et elle le comprit. Cela ne lui fit pas plaisir, je pus le comprendre par la grimace qu’elle me fit, mais je m’en moquais bien. Je trouverais bien une façon de me faire pardonner plus tard, en me présentant dans sa chambre au dortoir et en lui offrant une nuit d’amour comme elle les aimait bien, un truc du genre. À présent seul, comme je voulais l’être, je relus le papier et là, le tout me frappa de façon si évidente que je me sentis particulièrement stupide de ne pas l’avoir compris la première fois. La chanson de laquelle ces paroles étaient tirées joua toute seule dans ma tête, s’accompagnement progressivement d’un souvenir d’une soirée sur la plage, à Hawaii, où Leïa et moi étions seuls, dansant comme des idiots après avoir un peu trop bu - de mon côté en tout cas - puis finissant par nous embrasser. C’est là que nous avions dit que cette chanson serait la nôtre, et nous avions gardé cette idée qui était devenue une promesse quand nous avions décidé de mettre fin à notre relation en bon termes, histoire de ne pas souffrir de la distance qui allait nous séparer au moment où j’allais quitter pour l’université, distance qui serait, on le savait à ce moment, plus difficile à supporter que le simple fait de ne pas être dans le même lycée. Quelques fois, j’avais pris de ses nouvelles, mais sans plus, et aux dernières informations, elle n’avait pas l’intention de venir ici, sur le campus de Juilliard, à New York, alors que la dernière fois, elle était sur la route… Pourquoi ce mot surgissait-il ? Était-ce une mauvaise farce de quelqu’un qui connaissait notre promesse ? Ce n’était pas possible, puisque personne ne le savait. Leïa et moi étions assez complices simplement pour se regarder et sourire, sans que personne ne comprenne pourquoi, quand nous entendions cette chanson. Était-ce elle qui avait écrit ce papier ? Un coup d’oeil encore plus attentif que les deux premiers sur le petit papier me fit comprendre que ça ne pouvait être que sa calligraphie, cette façon d’écrire avec des lettres rondes, comme une enfant. Mon coeur se serra, et ma tête se posa encore plus de questions. Était-elle dans les parages ? M’avait-elle vue avec Salma ? Qu’en était-il de ce qui s’était passé cet été ? Qu’en était-il de notre amitié qui nous rendait inséparable ? Perdu, je regardai autour de moi dans l’espoir d’apercevoir une tête brune que je pourrais reconnaitre entre mille, et pourtant, elle n’apparut pas. Décontenancé, je pliai soigneusement le papier, alors que ce n’était pas mon genre de faire attention à quoi que ce soit, et je le glissai dans la poche arrière de mon jean, dans l’intention de le ranger quelque part où je ne pourrais pas le perdre par la suite une fois dans ma chambre. Pourquoi ? Je n’en savais rien, peut-être parce que c’était la seule preuve comme quoi elle avait été près de moi, l’espace d’un instant. Je savais que ça ne mènerait à rien, mais en cet instant précis, je m’en moquais bien.

21 ans
« Puis-je parler à Kurtis Mancini s’il vous plait ? » « C’est lui-même, comment puis-je vous aider ? » J’avais reconnu le numéro sur mon téléphone portable, mais je faisais exprès de garder ma contenance malgré tout, parce qu’on nous avait dit bien trop souvent que ce n’était pas professionnel de s’exclamer de façon inappropriée au téléphone et ce, peu importe les circonstances. Cependant, je ne pouvais m’empêcher de faire les cent pas, seul dans ma chambre de dortoir, parce qu’évidemment, j’étais nerveux, je ne savais pas à quoi m’attendre. Enfin, je m’attendais un peu plus à un refus qu’une bonne nouvelle. Je ne voulais pas me faire d’illusions, quand même; c’était ma première audition, et il était rare que quelqu’un obtienne un rôle aussi facilement. Et puis, j’étais persuadé que maintes personnes, y compris certaines gens de ma promotion, avaient auditionné pour ce rôle, certaines gens plus doués et expérimentés que moi également, alors inutile de penser que j’étais meilleur que qui que ce soit pour le coup. « Adam Crawford, producteur de Blind Love à l’appareil. Comment allez-vous ? » « Bien merci, et vous ? » Je vais bien aussi ! Et je vous en prie, tutoyez-moi, nous serons appelés à bosser ensemble, alors autant commencer sur de bonnes bases.» La tournure de sa phrase me prit quelque peu de court, je n’allais pas le cacher. Je me surpris même à rester pendant un bref instant les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, devant le miroir. Secouant la tête, je décidai de garder ma contenance et dire, de la façon la plus courtoise que je connaissais: « Que voulez… veux-tu dire par là ? » Cela me faisait beaucoup trop étrange de le tutoyer de la sorte. Mais bon, si c’était ce qu’il voulait, et qu’il ne plaisantait pas en affirmant que nous allions « bosser ensemble », autant ne pas le décevoir. Combiné à l’oreille, je l’entendis rire franchement, pour finalement dire, avec qui me semblait être limite du bonheur: « Eh bien, je vous appelle pour vous annoncer que vous venez de décrocher un rôle dans la série ! » Bon sang, ce que cela me faisait étrange de me faire vouvoyer tandis que moi, comme un idiot, je tutoyais cet homme honorable, non pas juste par son âge, mais aussi par son talent. Blind Love était une série au succès incroyable, et quand un casting avait été ouvert, maintes personnes avaient sauté sur l’occasion, parce qu’il s’agissait d’un feuilleton stable et reconnu. Bon, pas nécessairement à faire hurler toutes les jeunes filles du pays, mais il y avait bien pire, quand même ! Enfin, je n’accrochai pas trop longtemps à cette étrangeté, jugeant que c’était plus important de me concentrer sur le fait que je venais de décrocher un rôle dans la série. Pour le coup, je ne pus m’empêcher de perdre un peu de mon sérieux, professionnalisme et tout ce qui venait avec, pour dire, de façon un peu plus enthousiaste: «  Sérieux ? » « Oui, je suis sérieux ! Par contre, vous n’avez pas le rôle pour lequel vous avez auditionné… » C’était bien trop beau pour être vrai. Maintenant, j’étais persuadé que j’avais été relégué à un petit rôle, le temps d’un épisode. En vérité, je ne voyais pas d’autre possibilité, outre le fait d’être figurant, parce qu’après tout, j’avais auditionné pour un rôle de quatre épisodes, renouvelable si possible, mais rien de très important. Bref, je ne m’attendais plus à grand-chose, et j’étais même persuadé que je devrais continuer à chercher des castings dès que j’aurais mis fin à cet appel téléphonique. Malgré tout, je ne dis rien, laissant l’homme poursuivre en affirmant: « Votre audition était excellente, mais nous avons jugé que vous seriez plus apte à jouer un autre rôle, celui d’Enzo, fils de Nicholas… » Il continua pendant un bref moment à m’expliquer le rôle, mais je ne l’entendais plus, ou plutôt, je ne l’écoutais plus. J’étais choqué, j’étais aux anges, je ne savais pas quoi dire. Enzo, il s’agissait d’un rôle régulier qui, si je le comprenais, était introduit comme un jeune adulte à partir de la saison suivante. Je n’avais pas osé me présenter à l’audition de ce rôle récurrent de la série parce que je me disais que ce n’était juste pas possible que je le décroche. Et pourtant, cet homme venait de me dire que ce rôle me conviendrait et plus encore, qu’il me reviendrait d’office, du moins, si j’avais bien compris ses propos, à savoir: « Nous ne vous demanderons pas de faire une autre audition pour le rôle, mais nous aimerions faire un test à l’écran, mais ce n’est qu’une formalité. Évidemment, c’est si vous acceptez. » « Bien sûr ! Enfin, je veux dire, oui, je voudrais bien ! » Comment étais-je supposé rester calme à ce moment précis, je n’y arrivais juste pas. « Vous terminez les cours la semaine prochaine ? » « C’est bien ça. » Ensuite, nous nous mîmes d’accord sur le fait que j’allais me rendre à Los Angeles le lendemain, vol payé par la boîte de production, et que nous verrions le tout une fois à mon arrivée. Après quelques instants, et un énorme remerciement de ma part, je raccrochai, me laissant tomber sur mon lit en riant de bonheur, tentant tant bien que mal de réaliser ce qui était en train de se passer, à quel point ma vie allait changer du tout au tout et ce, dès la semaine suivante.

26 ans
Debout dans la cour arrière, j’écrasai avec véhémence le mégot de cigarette que je venais de terminer, me moquant bien de savoir que je le laissais sur le trottoir entourant la piscine de la demeure. J’avais des gens pour nettoyer ce genre de chose, pour que justement, je n’aie pas à le faire moi-même. Et puis, personne n’avait songé pour le moment à installer un cendrier à l’extérieur, alors que tous savaient que je fumais abondamment. Avais-je des employés idiots ? Oui, c’était possible, mais tant et aussi longtemps qu’ils faisaient leur boulot sans me déranger ou bien me frustrer, ça me convenait très bien. Ce n’était pas moi qui allais leur donner l’idée du cendrier, parce que s’ils ne s’étaient pas manifestés, c’était qu’ils étaient en mesure de ramasser sans problème, alors que ça demeure ainsi. Suite à cette seconde cigarette, je crus que j’étais en mesure de rentrer dans la maison et affronter ce qui était en train de s’y passer, mais je me rendis compte que ce n’était pas le cas, pas du tout en fait. Soupirant de frustration, j’attrapai le paquet qui se trouvait dans ma poche, puis j’allumai une autre cigarette. Je pris une longue bouffée, laissant la fumée et la nicotine envahir ma gorge et mes narines, ressassant en même temps tout ce qui s’était passé dans la dernière heure, soit depuis que j’étais rentré à la maison après cette journée de travail. Plutôt que de retrouver une Mary qui, elle, n’avait eu qu’une scène à tourner plus tôt dans la matinée, et qui avait choisi de rentrer, toute seule, contente de me voir, je m’étais retrouvée deux femmes avec un air grave et confus au visage, m’affrontant toutes deux en même temps alors que j’étais resté planté là, incrédule, ne comprenant pas ce que Mary faisait… avec Leïa. Leïla, je ne l’avais pas vue depuis longtemps, trop longtemps maintenant. Non pas que cela m’avait gêné qu’elle se présente à ma porte, parce que Mary savait qui elle était, savait notre histoire, notre lien, mais de cette façon ? Sans prévenir, limite en détresse ? Pour sûr, je ne m’y en attendais pas. Malgré tout, j’avais accepté d’écouter son histoire jusqu’au bout; son mari qu’elle fuyait avec sa fille, le fait qu’elle était allée chercher de l’aide auprès de mon paternel dans un premier temps et que celui-ci ne m’avait rien dit et que maintenant, elle ne savait que faire. Furieux de me rendre compte que j’étais le dernier mis au courant et que j’étais à présent placé devant le fait accompli, je n’avais su faire mieux que de quitter le salon où toutes deux étaient assises, ressentant le besoin de réfléchir seul, seul avec mes trois cigarettes que j'avais enfilées plus rapidement que d’habitude, comme je le faisais quand j’étais stressé et là, je l’étais. Enfin, torturé serait peut-être le mot le plus approprié, compte tenu que je voulais aider mon amie, jamais je ne saurais lui faire le mauvais coup de la laisser à la rue et en danger, mais en même temps, que pouvais-je faire ? Je me doutais bien que l’héberger quelque temps ne serait pas suffisant, puisqu’il faudrait bien qu’elle se trouve un boulot, qu’elle ait une vie malgré tout. Mais si elle travaillait quelque part, son mari ne la retrouverait-elle pas ? Je n’en savais rien, jamais je ne m’étais retrouvé dans une situation pareille, sauf en tant qu’Enzo, dans le feuilleton, et encore là, ce n’était pas moi la victime, mais plutôt l’agresseur. Enfin, ce n’était pas moi exactement, mais puisque le personnage croyait que c’était moi… Enfin bref, là n’étant pas le point, je soupirai une nouvelle fois en tirant sur ma cigarette, considérant la petite demeure que nous avions faire construire en biais pour les employés qui demeuraient ici en permanence. Il n’y avait plus personne qui l’habitait, puisque notre ancienne domestique avait pris sa retraite, le nettoyeur de piscine ne venait que temporairement et je prévoyais virer la femme de ménage, qui râlait beaucoup trop à mon goût…. Puis, une idée me vint à l’esprit, idée que je trouvai intelligente dans un premier temps, puis stupide quand je laissai tomber quelques cendres de cigarette au sol d’un coup de doigt. Puis, j’y repensai encore une fois, et je me rendis compte que même si c’était un peu étrange, c’était probablement la meilleure chose à faire. Embaucher Leïa comme domestique, voilà ce à quoi je songeais. Je trouvais à la fois l’idée stupide parce que je me disais que ce serait trop étrange entre nous, parce que je ne me voyais pas la bosser comme cela, mais en même temps, c’était bien, parce que ça lui donnerait un emploi, un revenu, un toit sur sa tête et une certaine sécurité, puisqu’elle n’aurait pas à errer un peu partout en craignant y revoir son mari. En venant à la conclusion que je pouvais toujours proposer, et que le pire que les deux feraient, c’est me rire au nez, je terminai ma cigarette en vitesse, histoire de ne pas hésiter plus longtemps, puis je retournai à l’intérieur. Retrouvant Leïa et Mary au salon, je soupirai, puis je dis, les mains dans les poches: « J’ai peut-être une idée… »
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Kurtis Mancini
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